Nature humaine1967–1976


L’Éloge de la Folie
1969, 130 x 200 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée
JEAN-CLARENCE LAMBERT « RÉTROSPECTIVE CLAUDE BELLEGARDE » MUSÉE D’ART MODERNE, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS 1971 (extrait)
Ce que nous propose Bellegarde, c’est bien l’établissement de relations particulières entre des valeurs subjectives (puisqu’il ne cesse jamais d’être peintre) et des valeurs collectives ou même cosmiques. Au plus récent stade de son travail, les natures humaines organisent le discours chromatique en lui donnant une totalité nouvelle qui, cette fois, pourrait bien être morale.
OLIVIER KAEPPELIN « LES ORGANES ÉLECTRIQUES » REVUE EXIT, PARIS 1973
Les couleurs de Claude Bellegarde sont là, elles nous aspirent dans leur matérialité. Nous sommes bleu, jaune, sentimental, fou. La ville vit de couleurs qui éclatent aux croisements, dans les cris, dans le silence des retours le soir. Il ne s’agit pas de rouge ou de vert, à aimer ou à rejeter.
Nous sommes les couleurs, leur rythme, leurs battements ou leur froid. Bellegarde vient les chercher au plus profond de nous, au creux du sexe, dans leur électricité, leur propagation. Elles se déploient, enveloppent le corps, des yeux jusqu’aux organes dressés, à travers de larges ondes qui allument la secousse, ou passent, lentes, lointaines.
Devant l’angoisse ou le plaisir, quand l’homme s’accroche à la vie, que son corps le dépasse, l’univers s’étrangle, s’ouvre sur des vibrations et des couleurs qui l’engloutissent et le métamorphosent.


