Marine et volcanique1989–1999

Le Braisier
1990, 130 x 195 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée
PIERRE CABANNE « TELLURIQUE » GALERIE LAROCK-GRANOFF, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS, 1995
Bellegarde parle de la terre comme de la dernière mythologie, mais une mythologie vivante; pour approcher de plus près ses mouvements, il est allé à Hawaï dont les volcans de la Grande Île l’attiraient en une sorte de promesse d’osmose.
Le Mauna Loa est en activité et sa dernière éruption, en mars 1984, dura vingt-deux jours; celles du Kilaurea sont moins fréquentes, c’est pourtant lui qui abrite la déesse Pelée dont les pieds remuent sans arrêt et à laquelle on apporte des offrandes pour qu’ils ne remuent pas trop fort; certains assurent que ses sautes d’humeur, qui peuvent être catastrophiques, sont des poussées de jeunesse car la Grande Île n’a que cinq cent mille ans.
Bellegarde, qui s’est approché le plus près possible des cratères en fusion, a su recréer, par la couleur et la puissance qu’il donne à ses toiles, la violence de l’éruption volcanique, sa soudaine poussée explosive et l’irrésistible glissement, à l’hallucinante impétuosité, de la coulée de lave déboulant vers la mer où elle se fige en énormes remous noirâtres dans une brume de feu. Parfois la lave pulvérisée se transforme en sable et s’étale en longues plages sombres où brille par endroits l’éclat de l’olivine verdâtre.

