La couleur vécue

La vie
2005, 70 x 90 cm
acrylique sur toile
PIERRE RESTANY, PARIS, 2003
La position de Claude Bellegarde dans l’histoire de la peinture contemporaine est singulière et audacieuse. Ce coloriste né, fut le précurseur de l’achromatisme au début des années cinquante… Mais très vite, alors que ses illustres successeurs, Manzoni, Ryman… feront du blanc un label, Claude Bellegarde se régénère dans la couleur… une couleur onirique.
Dans les années 70 qui rêvaient d’azur, les natures
humaines de Bellegarde révélaient des tempéraments;
ses typogrammes, ses cabines chromatiques,
notre espace intérieur… Puis il entreprit de confronter sa
peinture aux matières organiques pour saisir leurs vibrations colorées
dans l’espace. Une vie à retenir l’intensité bleue,
la virulence rouge, l’apaisement vert, le violet méditatif,
le plaisir orange, le jaune glorieux, afin que l’éphémère
instant du regard, par l’art transfiguré, défie le temps…
Aujourd’hui, Bellegarde peint gris au faîte de sa couleur
vécue.
JEAN-CLARENCE LAMBERT « BELLEGARDE: LA COULEUR VÉCUE » SOMOGY, ÉDITIONS d’ART, PARIS, 2006. EXTRAIT DE LA PRÉFACE
Existe-t-il quelque chose comme l’oeil absolu ? Si quelque peintre aujourd’hui le
possède, cet oeil absolu, c’est Claude Bellegarde. Mais l’œil
absolu sans doute n’est pas un don gratuit de la nature. Il se
conquiert, il se construit. Bellegarde sait tout ce qu’on peut savoir
de la couleur, et il l’a vécue.
Couleur vécue marque clairement la
singularité de son oeuvre : liée sans doute aux
aléas de la vie, elle a été une longue quête
picturale, connaissance et création, poursuivie sur un
demi-siècle, en marge des tendances majoritaires de l’art
abstrait.
Quand bien “au confluent de la recherche et de l’intuition”, ils sont les produits de véritables expériences, les tableaux de Bellegarde s’offrent à nous comme oeuvres d’art, d’abord. Sur la toile, la couleur vécue est couleur vivante.



