Couleur du regard1997–2001

Le regard antérieur
1998, 100 x 100 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée
ABDELKEBIR KHATIBI « MÉTAMORPHOSES DE LA COULEUR » EXPOSITION RÉTROSPECTIVE ITINÉRANTE AU MAROC, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS 1999
Bellegarde est avant tout un artiste, un chercheur, un explorateur des limites entre la vie et l’art, la peinture et les autres arts (la musique en particulier), l’art et la technique, la technique et ses virtualités formelles et sensitives: en témoignent les cabines de chromothérapie qui rendent compte des répercussions médicales sur l’homme et ses maladies.
À suivre son itinéraire, ses étapes successives et expérimentales, on est frappé par l’extraordinaire fidélité de Bellegarde à soi-même: on dirait qu’il désire inventer sa vie. Non seulement la justifier, l’exprimer, la signifier, mais la libérer de la mort, ou du moins se réconcilier avec sa face invisible. Cette liberté d’esprit et cette manière si grave de se donner à son œuvre me bouleversent et m’intriguent.
Il y a, chez lui, un langage codé de la couleur, une sorte d’insertion spirituelle à l’ordonnance du monde, du cosmos, selon les degrés d’une initiation continue qui change de registre et de référence (tantôt l’astrologie ou la psychologie, tantôt la mystique orientale ou la technique ou bien encore la médecine). Elle change d’intensité, en mettant en scène soit l’énergie abstraite du corps et de la vie irradiée, soit la sensibilité du geste, du son et de l’image.
Mais derrière les nouveaux mondes que Bellegarde repère à travers le mouvement coloré de l’être, il convient de regarder de près la progression de l’œuvre vers ses turbulences intimes, vers le tourbillon du dedans.




