Oeuvres récentes

La couleur vécue

Documentation

Claude Bellegarde photo 1942

Claude Bellegarde 1942

atelier de la Rue Daguerre, Paris 1954- photo André Morain

Vue de l’atelier de la Rue Daguerre, Paris, 1954
© André Morain

Bellegarde dans son atelier avec son fils  Stéphane, 1954

Bellegarde dans son atelier de la rue Daguerre avec son fils Stéphane, 1954

1955 photo by Paul Facchetti of Claude Bellegarde, Pierre Restany, Aline Dallier, Coco, Dr Roger Lévy

Marriage de Pierre Restany et Aline Dallier, le 15 juillet 1955
Claude Bellegarde, Pierre Restany, Aline Dallier, Coco, Dr Roger Lévy
Photo, Paul Facchetti
©Paul Facchetti

Bellegarde et Sonia Delanunay présentation du livre: Claude Bellegarde par Gérald Gassiot-Talabot - Musée de Poche, Paris

Bellegarde avec Sonia Delaunay lors de la présentation en 1971 du livre: édition Musée de Poche : Claude Bellegarde par Gérald Gassiot-Talabot.

Claude Bellegarde et sa fille Veronique

Bellegarde avec sa fille Véronique - 1971

Bellegarde et Pierre Restany, 1971

Bellegarde avec Pierre Restany lors de la présentation en 1971 du livre: édition Musée de Poche : Claude Bellegarde par Gérald Gassiot-Talabot.

Claude Bellegarde et son epouse, Marquita Dossans

Claude Bellegarde et son épouse Marquita Doassans, lors du vernissage au musée des Oudayas à Rabat, de son exposition itinérante au Maroc, 1999 : Bellegarde Métomorphose de la couleur.

Claude Bellegarde

Portrait de Claude Bellegarde par Xavier Lambours, 2005

Claude Bellegarde
portrait par
Xavier Lambours

Claude Bellegarde est né à Paris en 1927. Il vécut une enfance difficile à Maisons-Laffitte sous l’occupation. À la fin de la guerre, en 1945, après une année d’études passée dans un atelier, il rencontre Lanza del Vasto (disciple de Gandhi, écrivain, poète, dessinateur, musicien) et adhère à sa communauté spirituelle. Plus tard il fréquentera le cercle Gurdjeff, dont une des cellules est dirigée par la veuve de René Daumal, puis il poursuit seul son initiation en étudiant la philosophie de Krisnamurti.

Il part ensuite vagabonder dans les Alpes où il éprouve une fascination pour le blanc. De retour à Paris, commence une période d’épreuves. Divers emplois alternent avec ses premiers essais en peinture: des toiles abstraites, tachistes colorées. Ce sont ces œuvres qu’il montre pour la première fois au Salon d’Octobre en 1952 et à sa première exposition personnelle au Centre St Jacques à Paris. Tombé malade, il entre dans un sanatorium en Suisse où il peint alors sans contrainte. L’environnement blanc efface progressivement la couleur et restreint le geste.

Achromatisme

De retour à Paris, Bellegarde commence sa Période Blanche (1953-1957) et produit sa première série d’œuvres sous le nom Achromatisme. Reconnu comme un membre significatif du mouvement des artistes d’après guerre à Paris, il se joint en 1954 au groupe d’avant-garde Dessins qui met en avant l’abstrait gestuel. Paul Facchetti organise une exposition, Signifiants de l’Informel, à sa galerie à Paris qui montre le travail de Fautrier, Mathieu, Dubuffet, Riopelle, Michaux et Bellegarde. La même année Bellegarde tient une exposition personnelle à la Galerie Arnaud et participe à une exposition de groupe au Musée d’Art Moderne de Dusseldorf en Allemagne.

Sa première exposition personelle de la période blanche a lieu à la Galerie Facchetti en 1955 où le jeune critique Pierre Restany s’intéresse à ses tableaux. Bellegarde fera une suite d’expositions en Belgique, Allemagne, Amérique et Italie ou dés 1956 il aura un certain succès. Lucio Fontana impréssioné, achète un tableau blanc, à la Galleria Apollinaire à Milan en 1956. Le Musée de Beaux-Arts de Lille acquiert un achrome en 1956 et en 1959 la Tate Gallery, L’oiseau 11, 1957. Bellegarde a reçu le Premio Lissonne, Milan en 1959 et 1961.

Durant les années 1980, la Galerie Bernard-Davignon s'évertue à relancer l'attention sur cette période et publie aussi le livre Achromatisme 1953-1957. En 1985, le Fond National d’Art Contemporain acquiert un tableau blanc Atonale, 1957 actuellement au Musée Cantini de Marseille. En 1995, Raoul Jean Moulin fait entrer un grand papier froissé Déplacement d’Espace–temps F, 1957, dans la collection du futur Musée d’Art Contemporain Val-de-Marne. En 2004 le Musée d’Art Moderne Centre Pompidou acquiert deux achromes Rien d’Autre, 1954 et Le Seuil, 1955.

Typogrammes • Cabine Chromatique

L’expérience fondamentale du retour aux sources et un voyage au Maroc en 1958, lui ont permis de découvrir le sens de la couleur et son influence sur l’esprit et le corps humain. Bellegarde présente le résultat de ses réflexions, Pour un symbolisme de la couleur, manifeste dans lequel il révèle ses premiers Typogrammes, portraits psychiques réalisés par le langage de la couleur. Typogramme d’une plante, 1963 se trouve au Centre National d’Art Contemporain de Paris.
Une invitation de l’université de Fairleigh Dickinson, dans le New Jersey aux États–Unis en 1964, va lui permettre de réaliser sa première Cabine Chromatique où le spectateur intervient dans sa propre projection. Le Musée Guggenheim acquiert alors une de ses maquettes en trois dimensions (projet de cabine chromatique), Research for man, 1964.

Bellegarde approfondira sa recherche picturale à travers des expériences de chromothérapie menées avec le docteur Alfred Tomatis au Centre du langage, le physicien François Parra éditeur de la revue Couleur et le docteur Claude Wiart de l’Hôpital Sainte-Anne. Il présentera une cabine à la Biennale de Sao Paulo en 1965 et la même année fut le récipiendaire du Premier Prix pour la France de la Biennale de San Marino.
Ses recherches le conduiront à monter des ballets chromatiques avec le musicien Steve Lacy et à colorer le film Le Horla de Jean Daniel Pollet ainsi qu’amorcer une période de son œuvre qui s’étendra sur dix ans intitulée Nature Humaine. Un tableau de cette période Histoire de l’Œil 1967 a été acquis récemment par le Musée des Beaux Arts de Lyon.

En Mai 68’ en France, il produit une affiche pour l’exposition de groupe à l’usine en grêve Nord Aviation organisée par R J Moulin. L’une d’elle, Mort aux vaches, bonjour les veaux, 1968 fait maintenant partie de la collection du Musée des beaux–arts du Canada. En 1971, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, présente une exposition rétrospective dans laquelle le conservateur Pierre Gaudibert dédie une salle complète à la période blanche.

Stores • Nature Humaine

Pendant Les années 70, Bellegarde poursuit sa recherche avec des nouveaux matériaux qui pourraient refléter la matière organique: le papier de riz, feuilles de bois et finalement les stores. Leur texture s’avère parfaite pour peindre et inscrire les formes humaines, la végétation, la terre, le ciel, le feu et l’eau et cette fascination durera plus de vingt ans. En 1983 il complète un doctorat à la Sorbonne, fera de nombreuses conférences tout en s’impliquant dans plusieurs projets collaboratifs: architecture, film, théâtre, musique et poésie. Bellegarde a été promu Chevalier des Arts et Lettres de France en 1985 par le ministre de la culture Jack Lang.

Son & couleur • Marine & Volcanique • Couleur du regard

Ses recherches prolongées des années 70 ainsi que des voyages significatifs aux volcans d’Hawaï, au Grand Canyon et l’ouest américain, dans l’océan indien à travers les Seychelles et l’Ile Maurice amèneront Bellegarde à revoir et explorer la couleur d’une nouvelle manière durant les années 80 et 90. Des formes rythmiques aux couleurs intenses envahissent des toiles regroupées sous les thèmes Son et couleur, Marine et Volcanique et Couleur du regard.

Une grande exposition Achromatisme, a lieu à Paris en Janvier 1990 à la Galerie Bernard-Davignon et en Novembre 1990, Bellegarde expose au premier Festival International de Séoul en Corée avec entre autres, Sam Francis, Arman, Karel Appel, Robert Rauschenberg. En 1999 Bellegarde est invité au Maroc pour une rétrospective importante de son oeuvre, exposition itinérante Claude Bellegarde – Métamorphose de la Couleur qui s’est tenue à Rabat, Fez et Tanger et plusieurs expositions particulières ont eu lieu à la Galerie Larock-Granoff à Paris pendant les années 90 jusqu’en 2006.

ÉphÉmÈre • Gris de couleur

Le nouveau millénium marque le début de deux nouvelles séries de peintures Éphémère et Gris de couleur. Le Quotidien l’Humanité commande un grand tableau , Regard sur l’Humanité, pour le centenaire du journal exposé à la Fête de l’Humanité de 2004. La même année Le Mobilier National de France commande une grande tapisserie La couleur du regard, tissée à la Manufacture des Gobelins.

Aujourd’hui Claude Bellegarde vit et travaille toujours à Paris.

On retrouve des œuvres de l’artiste dans un grand nombre de collections privées et musées à travers le monde, tels que le Musée d’Art Moderne, Paris; Centre Georges Pompidou, Paris; Centre National d’Art Contemporain, Paris; Musée Cantini, Marseilles; Musée des Beaux-Arts de Lille; Tate Gallery, Londres; Solomon Guggenheim Museum, New York; Tokyo Museum of Modern Art; Museo d’Arte Contemporanea di Lissone; Musée des Beaux-Arts du Canada ainsi que les musées des beaux–arts de Wuppertal, Belgrade, Skopje, Geneva et San Marino.