Les approaches picturales1944–1952

“Peu avant la libération,
je vins à Paris pour suivre pendant un an les cours de dessin de
l’Atelier Huguet préparant le professorat. Mais, psychologiquement
perturbé, je m’adaptai mal au milieu ambiant.
Par l’intermédiaire d’un ami, Claude Dupont, je fis alors
la connaissance d’une personnalité singulière qui transforma
le cours de ma vie, Lanza del Vasto, écrivain, pèlerin yogi
revenant des Indes où il avait été le disciple de Gandhi.
Il venait de fonder une communauté spirituelle à Paris. Il
me proposa d’y venir.
Durant près de trois ans, je suivis son
enseignement fondé sur la discipline du yoga en m’initiant
notamment à la sculpture avec Henri Martin, l’un de ses
disciples. N’étant pas religieux, j’essaye de trouver un sens à
ma vie…” CLAUDE
BELLEGARDE: JOURNAL
JULIEN ALVARD « BELLEGARDE » REVUE CIMAISE,
1952
Un tableau de Bellegarde est une crise. C’est un moment donné primaire,
une sorte de décharge consécutive à une stase où le dynamisme se prend dans son propre mouvement jusqu’ à s’accumuler
en amas compacts bruyants d’agitation. La couleur est saisie dans un coup
de brosse ébouriffée. On pourrait parler ici d’automatisme si l’on pouvait
encore donner un sens à ce mot. D’un automatisme en tout cas bien particulier,
celui de la possession.
“J’étais entré en peinture
comme on entre en religion, pour une ascèse décapante, sans pour autant
m’orienter vers la recherche d’un ordre moral. Sans doute un long séjour
en sanatorium m’avait-il sensibilisé aux infimes manifestations du mouvement
et des instants de la vie…”
CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL